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HISTOIRE DU CANADA.

chambres pour voir la décision de la métropole sur les questions qui avaient tant troublé le pays. Les uns croyaient que pleine justice serait rendue, les autres que les concessions seraient purement nominales. La législature s’assembla à la fin de 1828. Le gouverneur approuva le choix de M. Papineau pour la présidence de l’assemblée, et adressa un discours aux chambres dans lequel il chercha à les convaincre du vif désir des ministres de faire cesser les difficultés existantes, et qu’il n’était lui-même que leur interprète dans l’occasion présente. « Le gouvernement de sa Majesté m’a déchargé, dit-il, de la responsabilité attachée à aucune des mesures nécessaires pour l’ajustement des difficultés fiscales qui se sont malheureusement élevées, et je saisirai une occasion prochaine pour vous transmettre par message une communication de la part de sa Majesté, qu’elle m’a spécialement ordonné de vous faire relativement à l’appropriation du revenu provincial. Il sera en même temps de mon devoir de vous exposer les vues du gouvernement de cette province sur lesquelles l’attention des ministres de la couronne a été appelée : vous y découvrirez les preuves du désir le plus sincère qu’a le gouvernement de sa Majesté d’appliquer, autant qu’il sera praticable, un remède efficace à tous les griefs réels. »

Ce discours que l’on dit avoir été envoyé tout fait d’Angleterre, à part de la recommandation de l’oubli des jalousies et des dissensions passées, ne renfermait pas grand’chose. Les deux chambres observèrent la même réserve dans leurs réponses, excepté l’assemblée sur un point. Elle se crut obligée de protester contre l’acte illégal et arbitraire de l’exécutif qui s’était passé l’année précédente de la législature et avait employé les deniers publics sans appropriation. Sept jours après elle reçut le message annonçant la décision de la métropole sur les subsides et sur quelques autres points mineurs. Après quelques observations générales sur la loyauté des Canadiens et le retour de l’harmonie, le gouverneur l’informait que les discussions qui avaient eu lieu au sujet de l’appropriation du revenu, avaient attiré l’attention du roi, qui avait fait étudier la question pour la régler d’une manière définitive en ayant égard aux prérogatives de sa couronne et aux droits de son peuple. Tant que le revenu approprié par le parlement impérial n’aurait pas été mis par le même parlement