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HISTOIRE DU CANADA.

sous le contrôle de la province, il devait rester à la disposition de la couronne. Ce revenu ajouté à ceux provenant d’appropriations provinciales, et aux £3 à 4000 du revenu casuel et territorial, formait un grand total de £38,000 qui se trouvait à la disposition permanente du gouvernement. Après le payement du salaire du gouverneur et des juges, on était prêt à garder le reste entre ses mains jusqu’à ce que l’assemblée eût fait connaître ses vues sur la manière la plus avantageuse de l’employer. On espérait que cette proposition serait agréée, mais en tout cas l’Angleterre avait déjà un projet pour régler la question financière d’une manière permanente. Quant à l’insuffisance des garanties données par le receveur-général et les shériffs, le gouvernement impérial se tiendrait responsable des deniers qu’ils pourraient verser entre les mains de son commissaire de l’armée. Il approuverait aussi avec plaisir tout plan équitable adopté par les deux Canadas pour le partage des droits de douane perçus à Québec. Enfin il pensait que les terres incultes devaient être taxées et que l’on devait établir des bureaux d’enregistrement.

Voilà à quoi se bornaient les réformes. Après avoir mis de côté ce qu’il fallait pour payer le gouverneur et les juges, la chambre pourrait être entendue sur la manière d’employer le reste de cette portion du revenu mise à la disposition de l’exécutif par les actes impériaux, pourvu qu’elle voulût l’appliquer au service public sans blesser les intérêts ni diminuer l’efficacité du gouvernement. Or pour ne pas diminuer l’efficacité du pouvoir, c’était une appropriation permanente qu’il fallait sous une autre forme, et c’était justement pour rendre le pouvoir moins indépendant d’eux que les représentans faisaient tant d’efforts pour faire tomber ce revenu sous leur suffrage annuel. Puis la métropole avait un projet financier sur le métier, qu’était-il ? C’étaient les élus des contribuables qui devaient régler cette question et non le bureau colonial, qui était indépendant d’eux et inspiré par des sentimens qu’ils connaissaient pour leur être plus hostiles que jamais. Toutes ces explications, toutes ces suggestions étaient parfaitement illusoires. Aussi l’assemblée après avoir renvoyé le message à un comité spécial, vit-elle toutes ses espérances s’évanouir successivement comme un beau rêve.

Lorsque le comité présenta son rapport, elle l’adopta presque à