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HISTOIRE DU CANADA.

conseil voulait en donner deux à chaque 4000 âmes et plus, et un à chaque comté de moins de 4000 âmes. Ainsi deux comtés de 1000 âmes auraient élu deux membres et un comté de 20,000 n’en aurait élu que le même nombre. Parmi ces lois il y en avait plusieurs d’une grande importance soit par les principes qu’elles entraînaient ou confirmaient, soit par l’impulsion qu’elles devaient imprimer aux progrès du pays. Telles étaient celles qui donnaient une existence légale aux juifs et aux méthodistes, qui accordaient des sommes considérables pour l’amélioration de la navigation du St.-Laurent et des routes, pour l’éducation et l’encouragement des lettres et des sciences. Les appropriations s’élevèrent à plus de £200,000. Mais aucune des grandes questions politiques n’avait été réglée ; toutes les causes de discorde subsistaient dans toute leur force, ou n’en étaient que plus dangereuses pour être ajournées. Le gouvernement cherchait tant qu’il pouvait à temporiser, espérant que le temps amènerait le calme dans les esprits.

À l’ouverture de la session suivante il s’empressa d’annoncer aux chambres que le commerce progressait tous les jours, que le revenu avait augmenté, que des écoles s’établissaient partout, que les routes s’amélioraient, que l’ordre se rétablissait dans la comptabilité des deniers publics. Il suggérait, pour venir en aide à ces progrès, de perfectionner la loi des monnaies, celles de l’éducation et de la qualification des juges de paix ; d’établir des cours de justice dans les comtés populeux ainsi que des prisons et un pénitentiaire, enfin de taxer les terres incultes et d’établir des bureaux d’hypothèques. Quant à la réponse de l’Angleterre aux pétitions de l’assemblée, les ministres n’avaient pas eu le temps d’amener la question des subsides devant le parlement impérial, mais ils allaient s’en occuper immédiatement, et en attendant la chambre était priée de voter la liste civile de l’an dernier.

La chambre revint dans le cours de la session aux anciennes ordonnances de milice dont lord Dalhousie avait tant abusé, et résolut à la majorité de 31 contre 4, d’envoyer une adresse au roi contre la légalité de cette mesure d’autant plus dangereuse que ces lois avaient été faites dans un temps où un despotisme pur couvrait le pays. La chambre, dit M. Neilson, a décidé unanimement que ces ordonnances ne sont pas en force. « Si