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HISTOIRE DU CANADA

Néanmoins les difficultés s’arrangèrent ; lord John Russell resta au pouvoir, et après quelque discussion dans le mois de juin, il introduisit enfin son bill pour unir les deux Canadas ; après sa deuxième lecture et l’adhésion de sir Robert Peel et de M. Hume, ce bill fut ajourné à la session suivante, afin d’avoir le temps d’aplanir dans l’intervalle certaines difficultés qui se présentaient. L’existence du conseil spécial fut prolongée, et M. Poulett Thomson, membre des communes et réformateur radical, fut envoyé comme gouverneur à Québec pour les faire disparaître. Il arriva dans cette ville dans le mois d’octobre, et partit presqu’immédiatement pour Montréal et le Haut-Canada. Il entra à Toronto à la fin de novembre, et ouvrit les chambres le 3 du mois suivant. Sa mission principale était de leur faire adopter les bases du rapport de Lord Durham, qui ne s’accordaient pas avec les résolutions de l’assemblée de cette province, qui portaient que le siége du gouvernement serait dans le Haut-Canada, que les trois comtés inférieurs du district de Québec seraient annexés au Nouveau-Brunswick, que les représentans du Bas-Canada seraient moins nombreux que ceux du Haut, qu’après 1845, les comtés en seigneuries ne fussent plus représentés au parlement, que la langue française fut abolie, et que la dette du Haut-Canada, qui dépassait un million, fut payée par les deux provinces réunies, le Bas-Canada n’ayant pas de dette, et de se procurer des informations sur lesquelles les ministres pussent soumettre au parlement une mesure plus parfaite que le bill présenté aux communes. Il devait les convaincre que les ministres étaient eux-mêmes persuadés de l’opportunité de leur projet, et dissoudre l’assemblée si elle ne recevait pas ses ouvertures dans un esprit convenable ; faire rapport des collèges électoraux, et nommer, s’il le jugeait à propos, un certain nombre de personnes influentes pour préparer les conditions de l’union.[1]

Dans une dépêche subséquente, Lord John Russell argumentant contre le principe du système responsable dans les colonies, citait quelques faits survenus dans le Bas-Canada, où s’était élevée d’abord la demande d’un pareil système, et représentait M. Papineau et la majorité de la chambre comme des rebelles. Les

  1. Dépêche de lord John Russell, à M. C. P. Thomson, 7 septembre 1839