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HISTOIRE DU CANADA

nance qui eut reconnu cette autorité, et à prétendre faussement que même avant la conquête, l’évêque de Québec n’avait pas droit d’ériger de paroisses dans son diocèse. Ces avancés répétés dans les cours avaient été artificieusement répandus dans les papiers publics.

L’évêque concluait par demander que lui et ses successeurs fussent civilement reconnus pour évêques catholiques de Québec ayant sous leur juridiction épiscopale les catholiques des colonies de l’Amérique britannique du nord ; en attendant que par un accord entre Rome et l’Angleterre il fût érigé d’autres évêchés catholiques dans ces contrées, avec tous les droits qu’ils avaient exercés jusqu’à ce jour ; qu’aucune paroisse catholique ne pût être érigée sans l’intervention préalable de l’évêque ; qu’il fût maintenu dans la possession où il était de proposer aux cures et aux missions catholiques ; que la propriété du palais épiscopal lui fût confirmé et qu’il fût autorisé à acquérir à l’avenir. Enfin, sans demander une assignation de revenus, il annonçait que ce serait un avantage pour le gouvernement s’il recevait une gratification, et si le clergé catholique était représenté dans les conseils exécutif et législatif par son chef.

Ces demandes appuyées par le zèle qu’il avait montré de tout temps et qu’il inspirait à tout son clergé pour exciter le peuple à soutenir avec vigueur la cause anglaise dans la guerre avec la république américaine, furent accordées plus tard. Et l’on verra que lorsqu’il passa en Europe pour les affaires de son diocèse, le gouvernement anglais le reçut avec de grands égards, et lui accorda presque tout ce qu’il demandait.

La nécessité où l’Angleterre se trouvait alors, comme elle l’avait été en 75, de prêter une oreille favorable aux Canadiens et d’être juste à leur égard, ne devrait pas être perdue pour elle ; car sa situation devient de jour en jour plus difficile à mesure que les États-Unis et ses colonies s’accroissent en population, en richesses et en puissance. L’Océan qui sépare les deux mondes est une barrière naturelle beaucoup plus forte que la limite qui sépare le Canada de la république voisine et l’on s’en apercevra un jour.

La nationalité des Canadiens donne encore de la force à cette limite et la guerre dont nous allons nous occuper le prouva. On