Page:George Péries- La Faculté de droit dans l'ancienne Université de Paris, (1160-1793), 1890.djvu/6

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paraison de Bologne fera pâlir la renommée de son émule française, mais la Faculté parisienne marchera d’abord assez près de sa sœur aînée pour participer à sa gloire, et conservera assez de vigueur pour jeter encore un certain éclat même à son déclin.

La vie intime d’une grande école se manifeste de plusieurs manières : par renseignement qu’elle donne, par les rapports existant entre les membres qui la composent, et par les liens qui unissent ces membres aux sociétés voisines. De là, trois sources d’étude, trois sujets à développer. Ces partitions qu’il est possible de fixer par l'abstraction ne peuvent être adoptées quand il s’agit d’exposer le fonctionnement d’une institution qui a subi de si nombreuses et de si radicales révolutions : nous avons donc préféré une division historique, quitte à partager chacune des périodes que nous indiquerons en autant de chapitres qu’il sera nécessaire. — La Faculté a traversé trois grandes phases :

  1. Tout d’abord elle a été absolument ecclésiastique, autant par son enseignement que par son gouvernement, c’est ce qu’on pourrait appeler la période théologique du Droit Canon[1]
  2. En conséquence de l’immixtion du Parlement et, des diverses réformes devenues indispensables, elle a considérablement perdu de son importance et elle a marché insensiblement vers la sécularisation.
  3. L’influence du Droit Romain dont la doctrine fut tour à tour enseignée officiellement, interdite, maintenue subrepticement, puis rétablie au grand jour par Louis XIV, l’a définitivement pénétrée de l’esprit séculier et l’a fait changer de nature pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui[2].

Telles seront les trois divisions principales de notre étude.

  1. Jusqu'en 1414 nous savons bien peu de choses par suite de l'absence de documents ; il nous a donc fallu interroger la constitution postérieure de la Faculté et celle des écoles semblables pour entrer dans quelques détails.
  2. Nous nous étendrons un peu plus sur cette période, car nous dirons en nous appropriant la remarque de M. Jourdain (Histoire de l'Université de Paris etc. Avertissement p. II) : "A partir du dix-septième siècle, l'histoire de l’Université de Paris n’est pas écrite, elle ne l'est pas du moins avec les développements qu’elle comporte et que les documents qu’on possède permettraient de lui donner»