Page:Hauvette - Littérature italienne.djvu/246

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226 Lnrrénnunn iutimvuiz Et tout ce monde revit, avec sa physionomie réelle, dans ses lettres dédicatoires, tandis que les contes eux—mémes nous font connaitre les idées, les sentiments, les propos de cette société rieuse et libre at l’cxces, malgré les bou— leversements politiques auxquels elle assistait, mais parfois cynique aussi, et en général violente. Cette muvre reflete done, de la vie italienne au XVI. siécle, tout un aspect, et le plus intime, que l’histoire proprement dite laisse nécessairement dans l’ombre. Bandello déclare qu’il se borne in rapporter Bdelement les récits les plus intéressants qu’il a entendu conter de coté et d’autre. Cette affirmation est probablement sincere, car il nla aucune prétention artistique : la matiere de ses nouvelles est aussi disparate qu’on peut l’imaginer, et la forme en rappelle la narration orale, abondante et vive, d`un improvisateur bien doué, plutot que l’analyse subtile, les efI`ets savants, la reconstitution attentive du a milieu », qui earactérisent l’art plus conseient d’un Boccace. Bandello ne possede ni la malice ui l`émotion intense du grand Florentin; mais il a plus de sensibilité, d’imagination et de bonhomie qu’il n’en faut pour se faire lire avec plaisir. 4 Son livre complete, dans une eertaine mesure, le Courtzhan : Castiglione a traeé de la société italienne une image visiblement idéalisée; Bandello en est le peintre réaliste. Ni l’un ni l’autre du reste ne donne l’expression définitive de l’art et de la poésie de leur génération. Ce rle était réservé in l’Arioste.