Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/208

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

rieure à certaines nations sauvages qui n’ont pas deux cents idées[1], deux cents mots pour exprimer leurs idées, et dont la langue, par conséquent, ne fût réduite, comme celle des animaux, à cinq ou six sons ou cris[2], si l’on retranchoit de cette même langue les mots d’arcs, de flé-

  1. Les idées des nombres, si simples, si faciles à acquérir, et vers lesquelles le besoin nous porte sans cesse, sont si prodigieusement bornées dans certaines nations, qu’on en trouve qui ne peuvent compter que jusqu’à trois, et qui n’expriment les nombres qui vont au-delà de trois que par le mot beaucoup.
  2. Tels sont les peuples que Dampierre trouva dans une île qui ne produisoit ni arbre, ni arbuste, et qui, vivant du poisson que les flots de la mer jetoient dans les petites baies de l’île, n’avoient d’autre langue qu’ungloussement semblable à celui du coq-d’Inde.