Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/209

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
197
DISCOURS I, CHAP. I.

ches, de filets, etc., qui supposent l’usage de nos mains. D’où je conclus que, sans une certaine organisation extérieure, la sensibilité et la mémoire ne seroient en nous que des facultés stériles.

Maintenant il faut examiner si, par le secours de cette organisation, ces deux facultés ont réellement produit toutes nos pensées.

Avant d’entrer à ce sujet dans aucun examen, peut-être me demandera-t-on si ces deux facultés sont des modifications d’une substance spirituelle ou matérielle. Cette question, autrefois agitée par les philosophes[1],

  1. Quelque stoïcien décidé que fût Séneque, il n’étoit pas trop assuré de la spiritualité de l’ame. « Votre lettre, écrit-il à un de ses amis, est arrivée mal-à-propos. Lorsque je l’ai reçue, je me promenois délicieusement dans le palais de l’espé-