Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/248

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nourriture saine ou assez abondante, il devient infirme, il meurt, et laisse à l’état une famille de mendiants. Pour prévenir un pareil malheur, il faudroit avoir recours à un nouveau partage de terres : partage toujours injuste et impraticable. Il est donc évident que, le luxe parvenu à un certain période, il est impossible de remettre aucune égalité entre la fortune des citoyens. Alors les riches et les richesses se rendent dans les capitales, où les attirent les plaisirs et les arts du luxe : alors la campagne reste inculte et pauvre ; sept ou huit millions d’hommes languissent dans la misere[1], et cinq ou six mille vivent

    insensiblement, celui des journaliers diminueroit ; et ces derniers, devenus plus rares, mettraient leur peine à plus haut prix.

  1. Il est bien singulier que les pays