Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/29

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vraies ; servez-vous toujours du mot propre. Voulez-vous une petite règle infaillible ? la voici. Quand une pensée est juste et noble, il faut voir si la manière dont vous l’exprimez en vers seroit belle en prose ; et si votre vers dépouillé de la rime et de la césure vous paroît alors chargé d’un mot superflu, s’il y a dans la construction le moindre défaut, si une conjonction est oubliée, enfin si le mot le plus propre n’est pas mis à sa place, concluez que votre diamant n’est pas bien enchâssé. Soyez sûr que des vers qui auront un de ces défauts ne se feront pas relire ; et il n’y a de bons vers que ceux qu’on relit. »