Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/32

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quefois il avoit des doutes. M. de Voltaire le rassuroit.

« Soyez persuadé, lui disoit-il, que la sublime philosophie peut fort bien parler le langage des vers ; elle est quelquefois poétique dans la prose du P. Malebranche. Pourquoi n’acheveriez-vous pas ce que Malebranche a ébauché ? C’étoit un poëte manqué, et vous êtes né poëte. »

M. de Voltaire avoit raison. Est-ce que Lucrece chez les Romains, et Pope chez les Anglais, n’ont pas fait deux poëmes philosophiques et pourtant admirables ?

Des hommes peu éclairés, et quelques amis, peut-être jaloux, répétoient à Helvétius qu’il devoit