Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/44

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ce qu’on entend par le mot Esprit. Il est tantôt la faculté de penser, et tantôt la masse d’idées et de connoissances rassemblées dans la tête d’un homme.

Ces idées s’acquierent par l’impression des objets extérieurs sur nos sens ; elles se conservent par la mémoire, qui n’est que la première impression continuée, mais affoiblie. Ce don d’acquérir des idées par les sens et de les conserver par la mémoire ne nous donneroit que des connaissances bornées, et nous laisseroit sans art, sans mœurs et sans police, si la nature nous avoit conformés comme la plupart des animaux : c’est à nos mains flexibles que nous devons notre industrie ;