Page:Helvétius - Œuvres complètes d’Helvétius, tome 1.djvu/57

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Les uns, à la tête desquels est Platon, n’ont débité que des rêves ingénieux. La vertu, selon eux, est l’amour de l’ordre, de l’harmonie, du beau essentiel. Les autres, à la tête desquels est Montaigne, prétendent que les lois de la vertu sont arbitraires, parce qu’ils voient qu’une action vicieuse au nord est souvent vertueuse au midi. Les premiers, pour n’avoir point consulté l’histoire, errent dans un dédale de mots. Les seconds, pour n’avoir point médité sur l’histoire, ont pensé que le caprice décidoit de la bonté, ou de la méchanceté des actions humaines.

L’amour de la vertu n’est donc que le desir du bonheur général. Les