Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/155

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Laissons.les hommes noirs bâcler dans leur étable.
Des lois qui vont nous faire un bien épouvantable;
Allons-nous-en aux bois;
Allons-nous-en chez Dieu, dans les prés où l'on aime,
Près des lacs où l'on rêve, et ne sachons pas même
Si des gens. font des lois!

Oh! quand on.peut s'enfuir aux champs, dans le grand songe,
Dans les fleurs, sous les cieux, les hommes de mensonge,
Prêtres, despotes, rois,
Comme c'est peu de chose, et comme ces: maroufles
Sont des fantômes vite effacés dans les souffles,
Les rayons et les voix!

Laissons-les s'acharner à leur folle aventure.
Enfants, allons-nous-en là-haut, dans la nature.
Mai dore le ravin,
Tout rit, les papillons et leur douce poursuite
Passent, l'arbre est en fleur, venez, prenons la fuite
Dans cet oubli divin.
L'évanouissement des soucis de la terre
Est là; les champs. sont purs; là souriait Voltaire,
Là songeait Diderot;
On se sent rassuré par les parfums; les roses
Nous consolent, étant ignorantes des choses
Que l'homme connaît trop.