Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/181

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IX Quant à l’obscurité


Quant à l’obscurité que tu dis éternelle,
Qu’en sais-tu ? l’univers tient-il dans ta prunelle ?
L’ombré est la forme énorme et triste dé l’ennui ;
Mais qu’y vois-tu ? Sais-tu ce que c’est qu’Aujourd’hui ?
As-tu bien une. idée exacte de la phase
Où tu passes, tremblant d’épouvante ou d’extase.?
Qui te dit que le monde, étant un noir vivant,
N’a pas comme toi-même, homme jouet du vent,
Son moment de sommeil où la brume le couvre,
Après quoi son oeil sombre et vertigineux s’ouvre !
Cet instant fugitif où le sort a jeté
Les vagues siècles noirs de ton humanité,
Peut-être est-ce la nuit du monde ? Sais-tu l’heure ?
Sais-tu si tu n’es pas un être vain qui pleure
Et se déforme, et n’est, en attendant la mort,
Qu’un rêve sur le front de l’infini qui dort.

X L’homme est faible ;