Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/210

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XXX NUIT


Toute la nature vivante
Travaille, à l’heure-où le jour fuit,
Sous je ne sais quelle épouvante
Qui tombe des astres la nuit.

Livrée aux -mystères sans nombre,
Morne, elle voit en frémissant
S’ouvrir sur elle dans cette ombre
L’oeil-de l’Inconnu tout-puissant.

Oh ! quel effroi ! se reconnaître,
Sans durée et sans-liberté,
A la discrétion de l’être.

Qui se meut dans, l’éternité !

Noire énigme où tout se rassemble
Pour cacher. le but et le, mot mot !
On sent en bas quelqu’un qui tremble ;
On, sent quelqu’un qui rêve en haut.

28 avril 1846.

XXXI L’homme croit avoir fait un pas