Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/238

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Certaines planètes fatales,
Certains mirages de l’éther,
Certains groupes d’étoiles pâles
Ont un -rayonnement éclair.
Que sais-tu sur tes mornes grèves ?
Es-tu sûr, au fond de tes rêves,
Que ce que l’ombre aux murs de fer
Couvre comme une épaisse grillé,
Soit le ciel, et que ce qui brille,
O songeur, ne soit pas l’enfer ?

Les constellations tragiques,
Ouvrant siir vous leurs fauves yeux,
Passent, grandes larves magiques,
Sur vos destins mystérieux.
Insensé qui croit les cieux vides !
Quelques-unes, les plus livides,
Apparurent, ô sombre esprit,
En chiffres noirs dans les ténèbres
Sur les dés des jdueurs funèbres
Qui jouaient la robe du Christ.

Mais insensé qui s’imagine
Connaître tous les horizons,
La tombe, la fin, l’origine,
Se dévoue et crie : Avançons !
Insensé ce Jésus lui-même
Qui s’immole parce qu’il aime !
Insensés les audacieux
Qui se jettent dans le cratère,
Rêvant le progrès sur la terre
Ou le paradis dans les cieux !

Quand tu vois rire le squelette,
Es-tu sûr que ce noir rictus
Où le jour d’en -bas se reflète