Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/263

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Synthèse, dit le ciel... L’homme dit : Analyse.!
Vous dites : -.« Tout végète ou se minéralise.
« Nos pères s’égaraient à force de rêver. » -
C’est en déchiquetant que vous croyez trouver.
La foudre, dont tremblaient le mage et le druide,
Ô savants, à cette heure est pour vous un fluide
Forcé d’être vitreux s’il n’est pas résineux ;
L’âme est un gaz ; certains animaux l’ont, en eux.
Hommes, vous disséquez le miracle ; vous faites
De la chimie avec le songe des prophètes ;
Vous sacrez le creuset Principium et fons ;
Acharnés, vous coupez les prodiges profonds,
Insaisissables, sourds, entiers, incorruptibles,
En un tas de petits morceaux imperceptibles ;
Pour vous rien n’est réel que le moment. présent ;
Science, ton scalpel n’apprendqu’en détruisant !
Si tu n’étais science ; on te croirait envie.
De la nature, pourpre auguste de la vie,
Vous faites un haillon, ô vivants, un lambeau,
Une loque, un néant ; et le ver du tombeau
Nomme cela manger ; vous l’appelez connaître.
Toi, savoir ! tu ne peux que décomposer l’être !

Apprenez donc ceci puisque vous apprenez :
Les fluides, d’un souffle invisible entraînés,
Ne savent pas où sont les pôles de la pile.
Qui ne sait pas un mot d’optique ? la pupille.
Le chiffre ne sait pas l’algèbre ; l’élément
Ne sait pas la science ; et l’être est un aimant