Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/267

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Les discordes qui se répandent ;
Caïn, Nemrod, Néron, Macbeth ;
Tous les coeurs des hommes qui pendent
A la haine, ce grand gibet ;

Le doute qui sort de la tombe,
Et, du haut du ciel sans clarté,
Semble un soir éternel gui tombe
Sur la lugubre humamte ;

Toutes ces douleurs, est-ce l’ordre ?
L’air du sépulcre emplit les cieux,
Et sur l’abîme on voit se tordre,
La nuit, des bras mystérieux.

Et toutes ces choses farouches
Disent cette plainte à la fois,
Et de toutes ces sombres bouches
On entend sortir cette voix :

-Dieu ! qu’a donc fait la créature,
Et pourquoi l’être est-il puni ? -
C’est le grand cri de la nature
Dans le grand deuil de l’infini.

27 juillet 1854.