Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/44

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Et toi, cendre, réponds, de quel fruit d'or viens-tu?
Car la surface a beau, chair pure ou clarté sainte,
Etre adorable, exquise et fraîche, et si bien peinte
Que les hommes sont pris d'amour en la voyant,
C'est à nous qu'appartient le dessous effrayant.
Abîme! il faut que tout ce qui vit, se hérisse,
Aime, se meut, va, vient, rit ou pleure, périsse;
Car tout est le sépulcre; et l'invisible écueil
Vers lequel le berceau flotte, c'est le cercueil,
Et le nouveau-né blanc et rose est un squelette,
Ô mort, que ta mamelle épouvantable allaite. -
Ainsi parle l'essaim, des démons factieux,
Et tout ce qui commet des crimes sous les cieux,
Les faux prêtres, les rois sanglants, le vent d'orage,
La peste, l'échafaud, la mort, reprend courage.

V. H. 29 août 1872.

XVI Le Campéador