Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/185

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DIBN KHALDOUN. 61

nullement l'exercice d'un enseignement mercenaire, car il s'agissait du livre sacré que Dieu avait envoyé à leur Prophète, et dont les prescriptions devaient être la règle de leur conduite. L'islamisme, pour lequel ils avaient combattu jusqu'à la mort', était leur re- ligion, et ils se faisaient gloire de le posséder seuls entre tous les peuples; donc ils s'empressèrent d'enseigner ses doctrines et de les faire comprendre à leur nation. Dans l'accomplissement de cette tâche, ils ne se laissèrent pas arrêter par les reproches de l'orgueil ou par les remontrances de l'amour-propre ; la preuve en est que le Prophète, en congédiant les députationg des tribus arabes, les fai- sait accompagner par les principaux d'entre ses compagnons, char- gés d'enseigner à ces peuples les préceptes de la loi religieuse qu'il avait apportés aux hommes. Ces missions furent confiées par lui à ses dix principaux compagnons , puis à d'autres d'un rang inférieur. Lorsque l'islamisme fut sohdement établi et que les racines de la re- ligion se furent affermies, les peuples les plus éloignés le reçurent des mains de ses adhérents; mais, après un laps de temps, cette doctrine subit des modifications : on avait tiré des textes sacrés des maximes pour les appliquer à la solution des nombreux cas qui se présentaient sans cesse devant les tribunaux, de sorte qu'on sentit la nécessité d'un code qui mettrait la justice à l'abri des erreurs. La connaissance de la loi , devenue alors une acquisition importante , exigea un enseigne- ment régulier, lequel prit bientôt place au nombre des arts et des professions, ainsi que nous l'expliquerons dans le chapitre consacré à la science et à l'enseignement. Les chefs des grandes tribus, de- vant s'occuper à maintenir la puissance de l'empire et l'autorité du souverain, abandonnèrent la science (de la loi) à ceux qui voulaient bien s'y adonner; aussi l'enseignement devint une de ces professions dont l'exercice fait vivre. Les gens riches et les grands personnages de l'Etal dédaignèrent de s'y livrer; il passa entre les mains de quel- ques hommes sans considération , tomba au rang de simple métier et P. 48. resta exposé au dédain des nobles et des courtisans. El-Haddjadj était

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