Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/27

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D'IBN KHALDOUN. xix

et administrative pour suivre celle de la science (la loi) et de la dé- votion. Il était d'autant plus porté à ce genre de vie, qu'il avait été élevé sous les yeux du célèbre légiste Abou Abd-AUah ez-Zobeïdi {var. er-Rondi), l'homme de Tunis le plus distingué par son profond savoir et par son talent comme mufti (légiste consultant) , et qui s'é- tait adonné aux pratiques de la vie dévote, à l'exemple de son père, Hoceïn, et de son oncle, Hacen, deux célèbres ascètes {oaéli). Du jour où mon grand-père renonça aux affaires , il resta auprès d'Abou Abd-Allah, et mon père, qu'il avait mis entre les mains de ce doc- teur, s'appliqua à l'étude du Coran et de la loi. Il cultivait avec passion la langue arabe et se montrait versé dans toutes les bran- ches de l'art poétique. Des philologues de profession avaient même recours à son jugement, fait dont j'ai été témoin, et ils soumet- taient leurs écrits à son examen. Il mourut de la grande peste de l'an 7^9 ^

De mon éducation.

Je naquis à Tunis, le premier jour du mois de ramadan 782 (27 mai i332 de J. C), et je fus élevé sous les yeux démon père jusqu'à l'époque de mon adolescence. J'appris à lire le saint Coran sous un maître d'école nommé Abou Abd-Allah Mohammed Ibn Saad Ibn Boral el-Ansari, originaire de Djaïala ^, lieu de la province de Valence (en Espagne). Il avait étudié sous les premiers maîtres de cette ville et des environs, et surpassait tous ses contemporains dans la connaissance des leçons coraniques ^. Un de ses précepteurs dans les sept leçons fut le célèbre Abou '1-Abbas Ahmed Ibn Mohammed el-

' La peste noire de l'an iSAg de J. C. toujours d'accord sur la manière de pro-

'^ Kar. Djabiâ. noncer certains mots, ni sur l'emploi des

' Parmi les premiers musulmans qui pauses etdes intonations quiaccompagnent

savaient par cœur le texte entier du Coran la récitation du texte; aussi fut-on obligé

et qui le transmettaient de vive voix à leurs de reconnaître que l'on possédait sept le-

disciples, il y en avait sept dont l'autorité, foas ou éditions du Coran, toutes égale-

cbmme traditionnistes coraniques, était ment authentiques, universellement reconnue. Ils n'étaient pas

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