Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/40

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


xxxii PROLEGOMENES

Lefakîh (légiste) Mohammed, fils de Mansour Ibn Mozni et frère de Youçof Ibn Mozni, seigneur de la province du Zab, vint alors nous chercher. Il s'était trouvé dans Tunis quand l'émir Abou Zeïd alla y mettre le siège, et avait quitté la ville pour se ranger du côté de ce prince. La nouvelle leur parvint alors qu'Abou Eïnan, sultan du Maghreb, venait de prendre Tlemcen et de tuer Abou Thabet et son frère Othman Ibn Abd er-Rahman, sultan de cette capitale; que de là il s'était porté à Médéa [El-Mediya); puis, qu'étant arrivé sous les mnrs de Bougie il avait décidé le gouverneur Abou Abd-AIIah Mohammed , petit-fils du sultan Abou Yahya AIjou Bekr, à lui livrer la ville et à marcher sous ses ordres ^ Ils apprirent aussi qu'Abou Eïnan avait donné le commandement de Bougie à Omar Ibn Ali, un des chefs de la tribu des Ouattas et membre de la famille El-Ouézîr.

En apprenant ces événements, l'émir Abou Zeïd se hâta de lever le siège de Tunis, et, dans sa retraite, il traversa la ville de Gafsa avec Mohammed Ibn Mozni. Celui-ci vint alors nous trouver, et, comme il avait l'intention de passer dans le Zab, je me décidai à l'ac- compagner. Arrivé à Biskera, je descendis chez son frère Youçof et j'y restai jusqu'à la fin de l'hiver. Quant à Mohammed, il obtint une pension de son frère et alla s'établir dans un des villages de cette province.

Quand le sultan Abou Eïnan eut confié à Omar Ibn Ali le gouver- nement de Bougie, Fareh, un client de l'émir (hafside) Abou Abd Allah, y passa afin de conduire ailleurs la femme et les enfants de son patron. A l'instigation de cet affranchi, un Sanhadjicn, tête écervelée, assassina Omar pendant que celui ci donnait audience. Fareh prit aussitôt le commandement de la ville et fît inviter Abou Zeïd (cou- sin d'Abou Abd-AUah et) gouverneur de Constantine à venir le sou- tenir. Pendant qu'il attendait l'arrivée de cet émir, les notables de Bougie se concertèrent entre eux, et, pour se garantir contre la ven- geance du sultan, ils prirent les armes et ôtèrent la vie à Fareh. Ayant alors rétabli l'autorité d'Abou Eïnan, ils firent chercher le gou-

' Voyez Histoire des Berbers, t. III, p. h~ et suiv. t. IV, p. 295.

�� �