Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/414

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On ajouta à cette liste les Beni-Diyan, famille qui formait une branche de la grande tribu yéménite dont l’aïeul était d’El-Hareth ^ Ibn Kâb. De toutes ces indications il résulte que quatre générations achèvent la noblesse d’une famille. Au reste, Dieu le sait!

Les tribus à demi sauvages sont plus capables d’effectuer des conquêtes que^ les autres peuples.

Puisque la vie du désert inspire le courage, ainsi que nous l’avons dit dans notre troisième discours préliminaire^, les peuples à demi sauvages doivent être plus braves que les autres. En effet, ils possèdent tous les moyens qu’il faut employer lorsqu’il s’agit de faire des conquêtes et de dépouiller les autres peuples. Le caractère de chaque tribu (nomade) varie cependant avec le temps. Quand ces tribus s’établissent dans les territoires fertiles des hauts plateaux et qu’elles s’habituent à l’abondance et au bien-être que ces contrées leur offrent, alors leur courage s’affaiblit autant que leur férocité et la grossièreté de mœurs qu’ils avaient contractée dans le désert. Comparez les animaux sauvages avec les animaux domestiques^; voyez comment les bœufs sauvages et les onagres perdent leur caractère farouche et violent lorsqu’ils se sont accoutumés à la société des hommes et à une nourriture abondante. Ce changement se manifeste jusque dans leur allure et dans leur pelage. Les peuples sauvages changent également de caractère lorsqu’ils sont apprivoisés par un état de civilisation plus avancé. Cela est dans la disposition et dans la nature de l’homme; il se laisse plier à tout par la puissance de l’habitude. Les conquêtes ne s’effectuent que par l’audace et la bravoure; donc tout peuple habitué à la vie nomade et à la rudesse de mœurs qui se contracte dans le désert pourra vaincre facilement un autre peuple plus civilisé, bien que celui-ci soit aussi nombreux que lui et aussi

’ Pour o^, lisez o^*^. v’ chapitre de la seconde section, p. a63

" Pour ij.v«, lisez |_^. de ce volume. ’ Celte indication n’est pas exacte ; l’au- * Pour Ldoj, lisez ïjCxij.

teur a, sans doute, voulu renvoyer au ’ Pour j^j^’j-i ci • l’^ez ^^IjOj.