Page:Ibn Khaldoun - Prolégomènes, Slane, 1863, tome I.djvu/429

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D'IBN KHALDOUN. 305

Les familles exclues du commandement conservent pendant ce temps l'esprit de corps et gardent intacte la supériorité dont elles ont toujours donné des preuves. Ayant la conscience de leurs propres forces, elles visent au pouvoir, dont elles avaient été tenues éloignées par des parents plus puissants; mais elles sentent trop leur infériorité pour engager avec eux une lutte prématurée. Si elles s'emparent enfin de l'autorité suprême, elles subissent le même sort que leurs prédé- cesseurs, après avoir tenu, comme eux, leurs parents éloignés du pouvoir. La souveraineté continue toutefois à rester dans la famille régnante, jusqu'à ce que celte famille ait perdu toutes ses forces, ou qu'il n'y ait plus de collatéraux pour la remplacer. « Telle est la voie de Dieu en ce qui regarde la vie de ce monde; car la vie future, ton Seigneur la réserve aux pieux. » [Coran, sour. xliii, vers. 3A.) Voyez ce qui s'est passé chez les anciens peuples : la dynastie desAdites succombe, et leurs frères, les Thémoudiens, la remplacent au pou- voir. Ceux-ci ont pour successeurs leurs frères, les Amalécites. Les Hi- myérites, frères de ceux-ci , héritent ensuite de la souveraineté. Des Hi- myériles, l'autorité passe à leurs frères, les Tobbà; puis aux Dhou', puis à la race modérite(qui venait d'embrasser l'islamisme). En Perse, les choses se passèrent de la même manière. Après la chute des Caïa- niens, le pouvoir se transmit aux Sassanides et resta entre leui's mains jusqu'à ce que Dieu eiit permis que cette dynastie fût renversée par l'islamisme. D'un autre côté, l'empire des Grecs tombe au pouvoir de leurs frères, les Romains. Chez les Berbers de la Mauritanie, les mêmes faits se reproduisent : après la chute de leurs premières dy- P. 266. nasties, celle des Maghraoua (à Tlemcen)^ et celle des Ketama (à Cairouan), l'autorité passa aux Sanhadja (Zîrides), puis aux peuples voilés (les Almoravides), puis aux Masmouda (les Almohades), puis aux peuples zenatiens, qui florissent encore (les Abd-el-Ouadites de Tlemcen et les Merinîdes du Maroc). Telle est la règle que Dieu ob-

' DAou étail un litre porté par plusieurs ^ Voyez l'Histoire des Berbers, t. III,

princes himyérites. (Voyez l'Essai de p. 2'27 et suiv. M. Caussin de Perceval, dans l'index.)

Prolégomènes. Sg

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