Page:Joseph Bonjean - Monographie de la pomme de terre, 1846.djvu/232

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


J'ajouterai comme complément de ces détails, que l'on peut poser en principe que, toutes les fois qu'un animal est nourri avec une seule espèce de végétal, il se fait une grande perte de l'un ou de l'autre des éléments nécessaires dans sa nourriture, et le grand art que nous enseigne la nature sur ce point, c'est que, par un mélange judicieux, non-seulement on économise de la nourriture, mais aussi on diminue considérablement le travail de l'appareil digestif.

On voit par tout ce qui vient d'être dit, que les accidents attribués à l'influence de l'usage alimentaire des pommes de terre malades, sont évidemment dus à des circonstances particulières ou locales, ou au régime trop exclusif de cette nourriture qui, donnée en trop grande proportion, est loin de présenter les conditions d'un bon aliment.

Je pourrais faire un volume entier, si je voulais citer tous les agriculteurs, tous les propriétaires qui, depuis près de cinq mois, nourrissent leurs bestiaux avec des pommes de terre altérées, en les leur donnant tantôt crues, tantôt cuites, et même souvent sans rien ôter des parties malades, sans qu'il en soit résulté jusqu'ici aucun dommage appréciable. Les conclusions qui précèdent, basées sur des expérimentations qui ne laissent rien à désirer, sont de nature à faire connaître le véritable état des choses, et doivent rassurer les agriculteurs, soit pour ce qui leur resterait à utiliser de tubercules malades, soit pour la