Page:L’Arioste - Roland furieux, trad. Reynard, 1880, volume 2.djvu/108

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un moyen d’atténuer son crime ; puis il commence :

« Tu sauras, seigneur, que celle-ci est ma sœur, et qu’elle est née d’une famille honnête et vertueuse, bien que Griffon l’ait jetée dans une voie d’opprobre et de déshonneur. Ne pouvant supporter une telle honte, et ne me sentant pas la force de l’enlever à un si grand chevalier, je résolus de l’avoir par ruse ou par finesse.

« Je m’entendis avec elle, qui désirait revenir à une vie plus louable, et nous convînmes qu’elle profiterait du sommeil de Griffon pour s’échapper sans bruit ; ainsi elle fit, et pour qu’il ne pût nous poursuivre et faire échouer nos projets, nous le laissâmes désarmé et à pied. Nous sommes venus ici, comme tu vois. »

Martan aurait pu voir réussir sa suprême fourberie, et faire croire facilement qu’il disait la vérité en ce qui concernait la façon dont il avait enlevé les armes et le destrier de Griffon. Mais il voulut aller trop loin, et c’est alors que le mensonge devint évident. Tout le reste aurait pu passer, s’il n’avait pas dit que la femme qui l’accompagnait était sa sœur.

Mais Aquilant avait entendu dire à Antioche, par un grand nombre de personnes, qu’elle était sa concubine. Aussi, enflammé de colère, il s’écrie : « Infâme voleur, tu en as menti ! » Et il lui assène en plein visage un tel coup de poing, qu’il lui casse deux dents. Puis, sans plus d’explication, il lui lie les deux bras derrière le dos avec une corde.

Il en fait autant à Origile, malgré tout ce