Page:Lazare - Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844.djvu/501

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


puis la rue du Barcq ou Barc. On lui donna le nom qu’elle porte aujourd’hui parce qu’elle se dirigeait sur l’antique prieuré de Notre-Dame-des-Champs, occupé depuis par les carmélites. — Une décision ministérielle du 28 floréal an IX, signée Chaptal, a fixé la moindre largeur de cette voie-publique à 11 m. 70 c. Les propriétés riveraines sont alignées, à l’exception de celles nos 35, 49, 51, 28, du bâtiment situé entre les nos 34 et 36, et de la maison entre les nos 36 et 38. — Conduite d’eau entre les rues de Vaugirard et Stanislas.

Notre-Dame-des-Victoires, dite des Petits-Pères (église).

Située sur la place des Petits-Pères, à l’encoignure de la rue Notre-Dame-des-Victoires. — 3e arrondissement, quartier du Mail.

En parlant du couvent des Petits-Augustins à l’article de l’École des Beaux-Arts, nous avons dit que Marguerite de Valois, première femme du roi Henri IV, avait établi en 1607, dans l’enclos de son palais, vingt augustins déchaussés. Quelque temps après cette princesse les renvoya sous les plus légers prétextes, et les remplaça par des augustins de la réforme de Bourges. Les religieux expulsés se retirèrent dans leur couvent de Villars-Benoît, en Dauphiné. Au mois de juillet 1619, ils revinrent à Paris et obtinrent, le 19 juin suivant, de M. de Gondi, la permission de bâtir un couvent de leur réforme. D’abord ils s’établirent hors de la porte Montmartre, près de la chapelle Saint-Joseph (aujourd’hui marché du même nom) mais s’y trouvant peu commodément, ils achetèrent, en 1628, un grand terrain dans un endroit appelé les Burelles, près du Mail. Le 9 décembre 1629, le roi posa la première pierre de leur église, et voulut qu’elle portât le titre de Notre-Dame-des-Victoires. C’était une marque de la reconnaissance de Louis XIII envers la Sainte-Vierge qui, disait-il, l’avait aidé à triompher des Protestants. Cette église devint bientôt trop petite pour la population de ce quartier, qui s’augmentait chaque jour ; on commença vers 1656 à en bâtir une nouvelle qui fut bénite le 20 décembre de l’année suivante. On ne put l’achever faute d’argent, et les travaux n’en furent repris qu’en 1737 et terminés en 1740. Pierre Lemuet, Libéral Bruant et Gabriel Leduc travaillèrent successivement à cet édifice, dont le portail fut élevé sur les dessins de Cartaud. L’église Notre-Dame-des-Victoires est bâtie avec assez de goût. Le portail est composé des ordres ionique et corinthien ; ce dernier se trouve au-dessus de l’avant-corps que couronnent les extrémités du premier ordre. L’église n’a point de bas-côtés, mais la nef est accompagnée de six chapelles. Dans la croisée de droite, on distingue celle de Notre-Dame-de-Sarone, toute revêtue de marbre de Languedoc et décorée d’après les dessins de Claude Perrault. Quant au nom de Petits-Pères qui servait à distinguer ces religieux, nous n’avons rien trouvé d’authentique sur son étymologie. Plusieurs historiens pensent que ce nom leur fut donné en raison de la petitesse, de la pauvreté de leur premier établissement. D’autres racontent que le roi Henri IV, ayant aperçu dans son antichambre les pères Mathieu de Sainte-Françoise et François Anet qui étaient fort petits, demanda à plusieurs seigneurs ce que désiraient ces petits pères, et que dès lors on continua à les désigner ainsi. Supprimé en 1790, ce couvent devint propriété nationale. L’église servit quelque temps de local à la bourse de Paris. Rouverte le 9 novembre 1809, elle devint la première succursale de la paroisse Saint-Eustache. Une grande partie des bâtiments fut affectée à la mairie du 3e arrondissement, ainsi qu’à une caserne d’infanterie dont l’entrée est dans la rue Notre-Dame-des-Victoires.

Suivant un projet adopté par l’administration, on doit reconstruire les bâtiments de la mairie ainsi que ceux de la caserne qui serait affectée à deux compagnies de la garde municipale.

D’après une enquête faite en vertu d’un arrêté préfectoral du 13 juin 1844, on ouvrirait sur l’emplacement des terrains des Petits-Pères et de la propriété des messageries royales : 1o une rue de 12 m. de largeur pour communiquer du passage des Petits-Pères à la rue des Filles-Saint-Thomas ; 2o une rue de 10 m. de largeur, en prolongement de la rue Saint-Pierre jusqu’au percement qui vient d’être indiqué. L’exécution de ce projet doit être déclarée d’utilité publique.

Notre-Dame-des-Victoires (rue).

Commence à la place des Petits-Pères no 9 ; finit à la rue Montmartre, nos 149 et 153. Le dernier impair est 25 ; le dernier pair, 50. Sa longueur est de 441 m. Les numéros impairs de 1 à 15 bis, et les numéros pairs sont du 3e arrondissement, quartier du Mail ; le surplus dépend du 2e arrondissement, quartier Feydeau.

Au commencement du xviie siècle, c’était le chemin Herbu. Il fut converti en rue conformément à un arrêt du conseil du 23 novembre 1633, registré au parlement le 5 juillet suivant. Le côté droit de cette voie publique était presqu’entièrement construit en 1636. Elle doit sa dénomination actuelle à l’église des Petits-Pères, consacrée sous le vocable de Notre-Dame-des-Victoires. — Une décision ministérielle du 3 vendémiaire an X, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 m. Cette moindre largeur est portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 23 juillet 1828. Dès le 16 juin 1824, une ordonnance royale relative aux abords de la Bourse avait approuvé la disposition suivante « Prolonger en ligne droite la rue Notre-Dame-des-Victoires, sur une largeur de 12 m., jusqu’à sa rencontre avec la rue Montmartre. » L’exécution de ce projet fut déclarée d’utilité publique par une autre ordonnance du 17 janvier 1830. Ce prolongement a été commencé en 1837 et terminé en 1841. — Toutes les constructions du côté des numéros impairs, et les maisons nos 28, 30, 32, 34, 36, 40, 42, 48 et 50 sont alignées. Les maisons bordant le retour d’équerre sur la