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DE L’ATLANTIQUE


en arrière ; mais ils rentrèrent au fort quelques jours après, déclarant que la profondeur de la neige les avait emp_cbés d’avancer. Cependant d’autres Indiens retrouvèrent plus tard les abandonnés. Helstone et Wright vivaient. encore ; mais la faim

leur avait enlevé la raison et ils avaient tué Rennie. Quand on.

les découvrit, ils l’avaient mangé, à l’exception de ses jambes, dont chacun tenait une à la main, et la déchirait à belles dents et toute crue. Il ! ; étaient couverts de sang. Les Indiens voulurent leur allumer du feu ; mais les deux cannibales, tirant leurs revolvers, eurent l’air si féroce et si enragé que les Indiens pr-irent la fuite, les abandonnant à leur sort et n’osmtjamais retourner près d’eux. Le printemps suivant, un parti de mineurs, qui se rendait à la Rivière de la Paix, fut guidé par les Indiens vers l’endroit où l’on avait vu la dernière fois ces misérables. Des ossements furent trouvés empiles. Un des crAnes avait été brisé d’un coup de hache et beaucoup des os portaient les marques des dents. Le troisième squelette manquait encore. On le retrouva à quelques centaines de mètres plus loin. Il avait aussi le crâne fracassé d’un coup de hache ; les vêtements avaient été enlevés au cadavre, qui était peu décomposé. On pouvait, sans se tromper, interpréter de semblables signes. Le dernier survivant avait tué son compagnon de crime et l’anit mangé, comme le prouvaient ces os rongés, soigneusement empilés en tas. À son tour, il avait été tué probablement par des Indiens, en possession desquels on retrouva la plupart de ses effets.

La quatrième bande d’émigrants, celle des trois hommes qui ne nous avaient précédés que de quelques jours dans la traversée des montagnes et qui avaient descendu le Fraser en canots sous la direction des deux vieux Chouchouaps de La Cache, était parvenue au fort George sans trop de maunises aventures.

Tandis que nous prenons nos aises à Kamloups, nous pouvons à loisir examiner la question de la possibilité de faire une route