Page:Moréri - Grand dictionnaire historique - 1759 - vol. 1.djvu/46

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nom de Mervan, second du nom, l’en chasserent bientôt. Alors il fut obligé de s’enfuir dans la province de Khorasan, où Abou-Moslem, qui fomentoit le parti des Abbassides, le fit assassiner. Pendant son séjour en Khorasan on lui demanda comment il avoit joint dans sa personne les noms d’Abdallah & de Giafer, qui étoient héréditaires dans la famille d’Ali, avec celui de Moavie, leur ennemi. Il répondit que son grand-pere étant en la compagnie de Moavie, premier calife de la race des Ommiades, reçut nouvelle de la naissance d’un fils, & que Moavie lui dit alors : Je te ferai présent de mille dinars ou piéces d’or, si tu veux lui donner mon nom : mon aïeul pour lors consentit à ce marché, & je suis ainsi devenu le fils de Moavie. On lui dit alors : Vous vous êtes chargé d’un vilain nom pour fort peu d’argent, ce qui a passé depuis en proverbe. Ce nom de Moavie qu’Abdallah portoit, étant devenu odieux à tous ceux de la famille & parenté d’Ali, l’emporta sur le privilége de la naissance, & sur la principale cause de sa mort. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Zobeïr. Après la bataille de Kerbela, dans laquelle Houssain fils d’Ali fut tué, les habitans de la Mecque & de Médine voyant que Iesid II, calife de la race des Ommiades, employoit toutes ses forces pour exterminer la maison d’Ali, se souleverent contre lui, & proclamerent pour calife des Musulmans Abdallah fils de Zobeïr, l’an 62 de l’hégire, 681 de Jesus-Christ. Iesid ayant appris cette révolte, envoya un de ses prévôts à la Mecque avec un colier ou joug d’argent, pour dire de sa part à Abdallah, que s’il vouloit demeurer dans l’obéissance, on le laisseroit vivre paisiblement à la Mecque ; mais que s’il refusoit de le reconnoître pour calife, il lui mettroit le colier au cou, & le conduiroit dans cet état à Damas. Abdallah refusant ces offres, Iesid fut obligé d’envoyer en Arabie un grosse armée, qui pilla la ville de Médine, & vint assiéger la Mecque, où Abdallah s’étoit retiré & fortifié. Cette ville fut alors battue si rudement, que le temple même en fut ébranlé ; mais la mort de Iesid étant arrivée pendant ce siége, savoir l’an 64 de l’hégire, 683 de J.C. son armée retourna vers Damas, & Abdallah, délivré des attaques d’un si puissant ennemi, demeura paisible possesseur du califat. Il fut reconnu en cette qualité de toutes les provinces de l’empire, à la réserve de la Syrie & de la Palestine, qui rendirent hommage à Moavie, fils de Iesid. Abdallah jouit de cette dignité pendant neuf ans, jusqu’à l’année 73 de l’hégire, 692 de J.C. qui étoit la soixante-douziéme de son âge ; car il fut le premier qui naquit à Médine après l’arrivée de Mahomet en cette ville. Ce fut donc en cette année 73 que le calife Abdalmelek, fils de Marvan, successeur de Moavie II, qui régnoit en Syrie, envoya Hégiage, général de ses armées, pour former le siége de la Mecque, & pour forcer Abdallah qui s’y étoit renfermé. Abdallah la défendit pendant sept mois, & donna toutes les marques d’un grand courage tant à soutenir les assauts, qu’à endurer les dernieres extrémités de la faim & de la soif. Mais enfin ne pouvant tenir plus long-temps, après avoir pris un breuvage de musc, que sa mere âgée de 90 ans lui présenta elle-même pour l’encourager à la défense, il fit un dernier effort pour repousser les assiégeans : il en tua véritablement un grand nombre de sa propre main : enfin succombant sous la multitude de ses ennemis, il fut obligé de se retrancher dans le temple, où ayant été abattu par un coup de pierre, qui lui ôta la vie, sa tête fut aussitôt coupée & envoyée au calife Abdalmelek. Abdallah étoit très-vaillant, mais avare au dernier point, ce qui fit dire depuis aux Arabes en forme de proverbe, qu’il n’y a point eu de vaillant homme qui n’ait été libéral, jusqu’à Abdallah fils de Zobéir. Il fut aussi fort estimé pour sa piété, & l’on dit de lui qu’il demeuroit debout, & tellement immobile pendant sa priere, qu’un pigeon se posa sur sa tête, & y demeura long-temps sans qu’il s’en apperçût. La famille de Zobéir, pere de notre Abdallah, passoit parmi les Arabes pour être sujette à la folie. Cette famille n’étoit pas moins ennemie de celle d’Ali, que de celle d’Ommiah. * D’Herbelot, biblioth. orient.

Moréri-icône.png ABDALLAH, fils d’Abbas, & oncle des deux premiers califes de la maison des Abbassides, travailla efficacement à établir sa maison sur les ruines de celle des Ommiades, & affermit son neveu Aboul-Abbas dans le califat qu’il lui avoit procuré. Le voyant mort, il prétendit lui succéder ; il prit les armes, & se fit proclamer calife. Mais ayant été défait par le général qui commandoit les troupes d’Abou-Giaffar, son concurrent, & aussi son neveu, il s’enfuit à Basrah, & y resta caché pendant plusieurs mois. Abou-Giaffar, pour le faire sortir de sa retraite, feignit d’avoir oublié tout le passé, & ne souhaiter qu’une réconciliation sincere avec Abdallah. Celui-ci se laissa enfin séduire par ses artifices, & se rendit à la cour du calife, où il fut reçu avec les démonstrations de l’amitié la plus sincere. Mais peu de temps après, le plancher de la chambre où Abdallah étoit, s’écroula tout à coup, & le fit périr avec ses amis qui étoient auprès de lui. On prétend que cet événement avoit cté concerté par le calife ; & que c’étoit lui qui avoit fait disposer son appartement de façon, qu’au premier ordre on étoit sûr de le faire enfoncer sans beaucoup de peine. Sa mort est marquée à l’an 136 de l’hégire, de J.C. 754. Ses troupes avoient défait en bataille rangée le dernier calife des Ommiades, & il avoit exercé des cruautés inouïes contre tous ceux de cette maison qui étoient tombés entre ses mains. * D’Herbelot, biblioth. orient. Hist. des Arabes, tomes II & III.

ABDALLAH-MOHAMMED. Nom du premier calife de la maison des Abbassides, plus connu sous celui d’ABOUL-ABBAS-SAFFAH, cherchez ce mot.

ABDALLAH, fils d’Ibrahim, & petit-fils de Tamerian, est ordinairement qualifié, comme tous les autres descendans de ce conquérant, du titre de Mirza, c’est-à-dire, fils de prince. Ibrahim son pere étant mort, il posséda en souveraineté la province de Fars, ou Perse proprement dite, dont Schiraz est la capitale ; mais il en fut dépouillé quatre ans après par Mohammed Mirza son cousin germain, l’an de l’hégire 854, de J.C. 1450. Cet accident l’obligea de se réfugier auprès d’Ulug-Beig son oncle, qui lui donna sa fille en mariage. Ulug-Beig ayant été tué dans la bataille qu’il donna contre Abdallathif son fils, avec un autre de ses enfans ; & Abdallathif n’ayant joui que six mois de son parricide, Abdallah, fils d’Ibrahim, gendre d’Ulug-Beig, prit possession de la Transoxane, où regnoit ce dernier ; mais il n’en jouit qu’une seule année, car Abu-Saïde Mirza, son cousin germain, qui regnoit dans le Khorasan, lui déclara la guerre, & le défit dans une bataille rangée, où il périt l’an 855 de l’hégire, 1451 de J.C. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils d’Omar, est un des plus savans Arabes entre les contemporains de Mahomet, qui sont qualifiés du titre de Sahabah, c’est-à-dire compagnons du prophéte. Il se rendit aussi très-célébre par fa libéralité ; car il donnoit jusqu’à trente mille drachmes en une feule fois, & il mit en liberté plus de mille de ses esclaves. Il mourut l’an 73 de l’hégire, 692 de J.C. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Mobarek, est en grande vénération chez les Musulmans. Il est enterré dans la ville de Hit, située dans l’Iraque Babylonienne, où l’on visite son sépulcre. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Saba, porta le respect qu’il avoit pour Ali jusqu’à l’adoration. Il fut néanmoins suspect de judaïsme, ensorte qu’il est également l’horreur des Sunnites & des Schites, c’est-à-dire, des orthodoxes & des hérétiques parmi les Musulmans. * D’Herbelot, biblioth. orient.

ABDALLAH, fils de Salam, auteur des Questions faites à Mahomet, sur le sujet de sa prophétie, est aussi auteur d’un ouvrage tiré d’un livre apocryphe du pro-