Page:Noailles - Les Vivants et les Morts, 1913.djvu/334

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TON ABSENCE EST PARTOUT…

Ton absence est partout une obscure évidence,
Vaste comme la foule, et comme elle encombrant
La route où je m’avance, errante, et respirant
Le souvenir diffus de ta sainte présence…
Partout où tu étais, cœur à jamais enfui,
Tu te dresses pour moi, fantôme tendre et triste,
Et ta compassion inefficace assiste
A tout l’étonnement qui porte mon ennui…

Puissé-je demeurer toujours grave, inquiète,
Et n’accueillir jamais, au calme instant du soir,
Cette paix sans bonheur qui lentement nous guette
Quand l’âme est délivrée, enfin, de tout espoir…