Page:Payen-Chevallier - Traité de la pomme de terre, 1826.djvu/14

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raison, à la pomme de terre d’être venteuse ; mais qu’est-ce que des vents pour les organes vigoureux des paysans et des manœuvres ? »

Les préjugés reçus en France contre les pommes de terres s’étendirent de nos jours, même sur les gens qui faisaient un usage habituel de cet aliment ; les Flamands et les Anglais étaient naguère encore en butte à nos sarcasmes, à cause de leur goût pour les pommes de terre, et de la grande consommation qu’ils en font.

La culture des pommes de terre, en France, est aujourd’hui très-étendue ; et sa consommation, déjà très-considérable, est susceptible de s’accroître encore par les divers produits que l’on peut en obtenir.

La préparation de ces produits, et le mode de culture du solanum tuberosum, ont donné lieu à des recherches intéressantes sur lesquelles nous jetterons un coup-d’œil rapide, en signalant à l’estime publique les savans qui ont consacré une partie de leur temps à cet objet d’une utilité générale.

On doit placer, au premier rang, les travaux de M. Parmentier et ceux de M. Cadet-de-Vaux. Ces savans ont consacré une partie de leur existence à faire triompher la vérité sur les faux préjugés, enracinés depuis des siècles, contre les emplois les plus intéressans de ces tubercules.

Ce fut en 1785, que Parmentier fit le plus d’effors pour démontrer les avantages que peuvent offrir les emplois des pommes de terre. Des calamités de toute nature, en l’année 1786, imprimèrent, a la culture de cette plante, un certain élan qui fut encore excité par un stratagème industrieux : on se rappelle que le philantrope Parmentier fit garder par des gendarmes un champ planté de pommes de terre, dans la plaine des Sablons, afin de donner l’envie d’en dérober : son but fut atteint.

Louis XVI accueillit avec bonté le bouquet si simple que