Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/127

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monopole (1674). La traite des fourrures, le seul article de commerce que l’on retirât encore du Canada, était trop facilement exercée en fraude du privilège royal pour qu’elle indemnisât une Compagnie de marchands des dépenses de plus en plus fortes qu’entraînait un établissement qui prenait de plus en plus les proportions d’une vaste colonie agricole et en avait les besoins. La Compagnie accepta donc avec empressement d’abandonner un privilège devenu trop onéreux ; on remboursa aux associés le capital de leurs actions et toutes les terres concédées à la Compagnie furent réunies au domaine royal.

Vers le même temps (1675-1683), le territoire de la Nouvelle-France se trouva singulièrement agrandi par le fait des découvertes de quelques hardis explorateurs français. On ne connaissait alors que le cours du Saint-Laurent et les cinq Lacs ; mais on savait, par les rapports des Sauvages, que le pays s’étendait très loin à l’ouest et au sud, et que dans cette direction il y avait un grand fleuve qu’on appelait Meschacébé (Mississipi) ou le Père-des-Eaux. Talon avait soupçonné déjà que le Meschacébé devait se jeter dans le golfe du Mexique. Si cela était, il devenait fort important d’être les maîtres du cours du grand fleuve, du pays qu’il traversait et de son embouchure ; car les possessions françaises auraient alors deux issues : l’une au sud, sur le golfe du Mexique, se reliant à nos colonies des Antilles ; l’autre au nord, sur l’Atlantique[1].

Les premières tentatives pour découvrir le grand fleuve furent faites par Cavelier de la Salle qui, dès

  1. Dussieux. Le Canada sous la domination française, p. 71.