Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/137

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enfin devant le fort de Monsipi, nos hommes qui n’étaient en tout qu’une centaine, soldats et Canadiens volontaires, donnèrent l’assaut avec tant de vigueur que la petite garnison anglaise se rendit presque sans coup férir. On trouva dans le fort douze canons, avec quantité de poudre et de plomb. De Monsipi, la petite troupe se rendit au fort Rupert, situé à quarante lieues plus loin, sur la baie de Saint-James. Un petit bâtiment monté par quinze hommes, stationnait en face du fort. D’Iberville, avec huit compagnons, embarqués dans deux canots d’écorce, leur porta sommation de se rendre, ce que les Anglais firent, sous la condition d’avoir la vie sauve ; pendant ce temps, de Troyes enfonçait les portes du fort et s’en rendait maître. Le même succès suivit nos soldats dans leur expédition contre le fort Quitquitchouane ou Albany. Le commandant anglais, dès les premiers coups de feu, envoya un parlementaire et rendit la place.

La Compagnie anglaise perdit, dans cette courte campagne, tous ses établissements de la haie d’Hudson, à l’exception du fort Nelson, situé à quelques centaines de milles au nord d’Albany, et pour un temps nous restâmes les maîtres de tous ces parages. Lorsque ces nouvelles parvinrent en Angleterre, l’opinion publique en fut fort excitée contre le gouvernement de Jacques II, qu’on accusait de trahir les intérêts nationaux, par faiblesse pour son allié catholique, Louis XIV.

Il est certain, en effet, qu’une étroite alliance existait entre les deux monarques. On en put voir une preuve dans le rappel, par le roi Jacques II, du colonel Dungan qui ne cessait d’exciter en sous-main les Indiens