Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/150

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fortifications, et, le 20 mai, les Anglais furent obligés de capituler ; on enleva les canons et tout le butin ; les forts furent brûlés et détruits, ainsi que toutes les maisons à deux lieues à la ronde, et les soldats ennemis faits prisonniers avec tous les habitants, y compris les femmes et les enfants.

Ces hardies excursions, suivies de ces succès sanglants, jetèrent à la fois l’effroi et la colère dans les colonies anglaises. Toute autre pensée fut subordonnée au désir d’une éclatante vengeance. Faisant trêve aux querelles de partis qui divisaient alors les colonies, on décida d’organiser une armée de trois mille hommes, tant Anglais qu’Iroquois, placée sous le général Winthrop, et il fut convenu que cette année marcherait contre Montréal, par le lac Champlain, tandis qu’une flotte, sortie de Boston, pénétrerait dans le Saint-Laurent et irait mettre le siège devant Québec.

L’escadre, composée de trente-cinq vaisseaux et portant deux mille hommes de troupe, fut placée sous les ordres d’un homme nouveau, William Phipps, qui avait été charpentier avant d’être marin. Suivant ses instructions, elle s’arrêta d’abord devant les établissements français de l’Acadie. Phipps s’empara de Port-Royal, qui ne pouvait opposer une résistance sérieuse et emmena comme prisonniers le gouverneur, M. de Menneval, ainsi qu’une quarantaine de soldats et deux prêtres. Chédabouctou où commandait le lieutenant Montorgueil, lui offrit plus de résistance. Une poignée de Français réunie dans ce fort repoussa ses sommations, résista à une attaque de vive force, et finalement obtint des conditions de reddition fort honorables. Montorgueil sortit à la tête de ses quatorze soldats avec