Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/152

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attribuer le retard des ennemis qu’il attendait, M. de Frontenac reçut avis des mouvements de la flotte de Phipps ; il se hâta d’accourir au secours de Québec et de s’y enfermer avec tout ce qu’il put réunir d’hommes en état de porter les armes. Le 16 octobre 1690, un parlementaire envoyé par Phipps vint sommer avec hauteur la ville de se rendre. M. de Frontenac annonça fièrement qu’il répondrait par la bouche de ses canons et, le parlementaire renvoyé, le feu s’ouvrit de part et d’autre avec une égale vigueur. Le premier coup de canon des Français abattit le pavillon amiral que quelques Canadiens allèrent prendre à la nage sous le feu des vaisseaux. Le surlendemain 18 octobre, les chaloupes anglaises débarquèrent quinze cents soldats, commandés par le major Whalley. M. de Frontenac envoya contre eux un détachement de trois cents hommes pris dans les milices de Montréal et de Trois-Rivières, auxquels s’étaient joints quelques volontaires de Beauport. Les Français embusqués en tirailleurs dans les rochers et les bois environnants dirigèrent contre les troupes anglaises une fusillade bien nourrie qui leur fit éprouver des pertes cruelles, et les vaisseaux de Phipps qui, dans le même temps, s’approchaient de la ville pour la bombarder ne furent pas moins maltraités par le tir des canons de la place que dirigeait Lemoine de Saint-Hélène. Les Anglais ne s’étaient pas attendus à une résistance aussi solide. Au bout de sept jours, la poudre et les provisions se faisant plus rares et le froid du Nord faisant sentir très vivement ses premières rigueurs, ils tinrent un conseil de guerre et décidèrent d’abandonner le siège. Les troupes de terre se rembarquèrent donc et dans leur hâte lais-