Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/155

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En 1694, M. de Villieu, neveu du seigneur de Beaubassin, tenta une expédition contre Pemaquid, fort anglais situé, dans le Maine, au sud de Pentagoët. Les colons anglais perdirent, dans cette affaire, 104 morts, 27 prisonniers et 60 fermes qui furent brûlées. Villieu retourna à Montréal avec son butin, ayant parcouru en moins de deux mois 250 lieues à travers les forêts sauvages et montagneuses qui séparaient le Canada de la Nouvelle-Angleterre. L’année suivante (1695) il reparut encore sur ces côtes, de concert avec Lemoine d’Iberville, et captura les milices anglaises qu’on avait envoyées, sous les ordres de Chubb, pour protéger la contrée[1].

Tels étaient les dommages causés par les expéditions et par les entreprises des corsaires au commerce de Boston et des colonies voisines que les « Yankees », ainsi qu’on commençait à appeler les colons de la Nouvelle-Angleterre, organisèrent, en 1696, une expédition maritime, dans le but d’enlever aux corsaires leur port de refuge, en détruisant le fort de Villebon. Le commandement fut donné au colonel Church, le plus habile officier des colonies anglaises, le seul même, à dire vrai, qui entendît réellement cette guerre spéciale de partisans que les Français pratiquaient avec tant de succès ; avant d’attaquer Villebon, il se porta dans le fond de la baie Française (actuellement baie de Fundy) et opéra une descente subite dans l’habitation récente de Beaubassin. La population, en voyant arriver les navires, s’était enfuie dans les bois et dans les fermes éloignées de la mer ; Church resta en ce quartier neuf

  1. Williamson, Hist. du Maine. — Beamish. — Rameau.