Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/310

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Garneau, qui respectaient encore les propriétés des insurgés dans leurs anciennes colonies, suivaient leur vieille coutume dans le Canada habité par une race étrangère. En 1776, comme en 1759, comme en 1837-38, ils marchaient la torche de l’incendie à la main, comme si les Canadiens eussent mérité un châtiment plus cruel que les Américains[1]. »

Le congrès envoya bien quelques renforts à l’armée qui opérait en Canada ; mais tandis que les troupes de Carleton et du général Burgoyne réunies montaient à 13,000 soldats, c’était à peine si l’armée américaine, avec les secours qui lui vinrent, comptait 3,000 hommes valides. Les Américains se replièrent donc d’étape en étape, abandonnant Sorel, puis Chambly, puis le fort Saint-Jean et se repliant sur l’Île-aux-Noix et sur les forts Saint-Frédéric et Carillon, d’où ils étaient partis huit mois auparavant. Deux rencontres navales eurent même lieu entre les flottilles anglaise et américaine sur les eaux du lac Champlain, et la seconde amena la destruction de la flottille américaine (1776).


Nous venons d’écrire la date d’une année à jamais fameuse dans l’histoire de l’Amérique du Nord et on peut le dire dans les annales de l’humanité : 1776. C’est le 4 juillet de cette année-là que le congrès de Philadelphie, brisant les derniers liens qui unissaient les colonies américaines à la Grande-Bretagne, publiait la Déclaration d’indépendance et consommait la séparation des treize provinces devenues les États-Unis

  1. T. III, p. 25.