Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/398

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pagnes. Dans le même temps, la province jouissait à l’intérieur de la plus grande tranquillité ; l’idée annexionniste avait été abandonnée par ceux-là mêmes qui lui avaient donné le jour. Toute l’attention et toute l’énergie des citoyens se concentraient sur les entreprises commerciales, la construction des chemins de fer, la colonisation, etc. » Le succès de la première exposition provinciale, organisée à Montréal en octobre de cette même année 1850 et la part prise par le Canada à l’exposition universelle de Londres en 1851, permettent de constater les progrès constants et très réels faits par les arts et les industries canadiennes.

C’est ce moment, alors qu’ils jouissaient dans tout le pays d’une popularité de bon aloi et qu’ils pouvaient compter sur une majorité compacte dans le Parlement, que les chefs du cabinet, MM. Lafontaine et Baldwin, choisirent pour résigner, de la façon la plus inopinée, leurs hautes fonctions. M. Baldwin, le premier, donna sa démission, au cours de la session de 1851, à la suite d’un vote sur une motion d’intérêt secondaire, où il n’obtint la majorité que grâce à l’appoint des voix du Bas-Canada. M. Lafontaine annonça l’intention de le suivre dans sa retraite, aussitôt après l’achèvement de la session. Toutes les instances faites pour le faire revenir sur sa détermination furent vaines. La retraite volontaire de ces deux hommes d’État, dans un temps où leur influence et leur autorité étaient encore entières pour le bien de leur pays, peut être diversement jugée par l’histoire ; toujours est-il qu’elle excita d’universels regrets. Le Canada français, en particulier, perdit beaucoup à cette retraite de M. Lafontaine, l’homme politique le plus distingué, peut-être, dont puisse s’il-