Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/480

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des États-Unis. La frontière qui sépare le Canada des États-Unis n’étant formée, sur une grande partie de son parcours, que par une ligne artificielle (ici le 45e degré de latitude) et la barrière de douanes n’étant pas très élevée entre les deux pays, on comprend qu’on puisse passer de l’un à l’autre sans s’apercevoir du changement. La langue pourrait, il est vrai, marquer le changement, mais, là encore, la transition est ménagée par cette circonstance que les comtés canadiens les plus voisins des États-Unis, Huntington, Missisquoi, Brome, Stanstead, Sherbrooke et Compton ont été d’abord colonisés et sont aujourd’hui encore habités par une population qui est, dans sa plus grande partie, d’origine britannique ou américaine. Néanmoins, l’élément franco-canadien qui, depuis longtemps, a remonté la vallée du Richelieu et du lac Champlain et qui, de ce côté, s’enfonce dans les États-Unis comme un coin, s’épand de plus en plus par toute cette région ; et déjà, dans les comtés à dénomination anglaise de Shefford, Richmond, Wolfe et Megantic, il a conquis la prépondérance.

Les comtés de Beauharnais, de Napierville, de Chateauguay et d’Iberville, dans le bassin du Richelieu, sont en grande majorité peuplés de Canadiens français. Il en est de même de Saint-Jean, également nom de ville (4,134 âmes) et nom de comté. À la vallée du Richelieu appartiennent encore les comtés de Rouville, de Chambly, de Saint-Hyacinthe et, dans ce dernier, la petite ville de Saint-Hyacinthe, située dans une position pittoresque, sur les bords de la jolie rivière Yamaska, en vue du mont Belœil. La ville de Saint-Hyacinthe, de fondation relativement récente, compte aujourd’hui