Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/501

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ment qu’il peut s’étendre pendant longtemps encore sur le continent d’Amérique sans s’y trouver trop à l’étroit et sans avoir à redouter l’excès de sa fécondité.

Les Canadiens français ont, en effet, cet avantage précieux de n’avoir pas de voisins ni par conséquent de rivaux (nous ne comptons pas les tribus d’Esquimaux ni d’indiens) dans toute l’immense région qui s’étend au nord des Laurentides et du lac Saint-Jean, région sévère, sans doute, d’un climat âpre et d’une fertilité douteuse, mais pas assez pourtant pour être inhabitable et pour ne pouvoir nourrir, un jour, quand nécessité fera loi, quelques millions d’hommes. Toute l’étendue du territoire qui s’étend au nord de l’Outaouais jusqu’à la baie d’Hudson et à la rivière de Rupert fait aussi partie du patrimoine désigné et pour ainsi dire exclusif, des Canadiens français. Que si, en s’avançant plus à l’ouest, par-delà le lac Supérieur, dans l’immense région qui se rattache au système hydrographique du lac Winnipeg, de l’Arthabaska et du Mackenzie, la race française a à compter dès à présent avec la concurrence de la race anglo-saxonne qui a posé en même temps qu’elle, ses premiers jalons sur ces étendues, il n’en est pas moins vrai que cette immense région s’ouvre et s’ouvrira pendant longtemps encore, sans obstacle, à tous les colons et descendants de colons qu’il plaira aux Canadiens français d’y envoyer. Après avoir dépouillé sur cette question de la colonisation du Nord-Ouest canadien, le dossier réuni par Mgr Taché dans son Esquisse sur le Nord-ouest, M. de Lamothe s’exprime ainsi :

« En résumé, nous trouvons dans l’ancien département du Nord-Ouest près de cinquante millions d’hec-