Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/547

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Lamothe, la plus grande partie des écrivains canadiens français se sont adonnés au journalisme qui a pris, eu égard au chiffre de la population, des proportions tout américaines. » (Le journalisme, comme le barreau, n’est souvent d’ailleurs qu’’un tremplin pour parvenir aux hautes situations politiques et parlementaires.) « L’Évènement de Québec, écrit encore M. de Lamothe, a pour rédacteur M. Hector Fabre, aujourd’hui sénateur fédéral, et certainement l’un des plus charmants esprits du Canada. La verve toute gauloise, mélangée d’une pointe de scepticisme railleur, avec laquelle il sait fustiger ses adversaires politiques, sans jamais descendre jusqu’à l’injure brutale et violente, si familière, hélas ! à la plupart des journalistes de son pays, lui assure une place à part dans la presse politique canadienne et dans le parti libéral auquel il appartient.
Le Journal de Québec était rédigé en 1873 par M. Cauchon, écrivain quelquefois dur et incorrect, mais d’une grande énergie. M. Cauchon, vrai fils de ses œuvres, jadis l’un des chefs du parti conservateur, et depuis rallié aux libéraux, a joué et joue encore un grand rôle dans l’histoire parlementaire de son pays[1].

Il y a lieu de citer encore parmi les publicistes ou les journalistes canadiens de marque : du côté libéral, M. Louis Dessoulles, l’un des principaux fondateurs de « l’Institut canadien » qui fut longtemps le principal centre du libéralisme au Canada ; M. Étienne Parent, que nous avons déjà nommé ; M. Michel Darveau ; M. H. Beaugrand, directeur de la Patrie ; M. L.-O. David, rédacteur de la Minerve ; M. Aubin ; M. Arthur Buies ; M. L.-H. Fréchette, car ce poète est doublé d’un journaliste du meilleur aloi ; du côté catholique ou ultramontain : l’abbé J.-S. Raymond, M. de Bellefeuille, le Dr Hubert Larue, M. Villeneuve, etc. En dehors de cette classification en partis politiques, on peut citer encore M. Stanislas Drapeau, connu par ses études sur les questions d’immigration et de colonisation, M. J.-C. Marchand, M. Joseph Royal et M. Provencher ; M. Dansereau, fondateur du Journal du Commerce et du Journal du Dimanche ; M. J.-C. Langelier, auteur d’une Esquisse sur la Gaspésie et de quelques autres études intéressantes ; M. Elzéar Gérin, ancien collaborateur du

  1. Cinq mois chez les Français d’Amérique, page 34.