Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/78

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versation et entretien que celle des Anglois, à laquelle son humeur montroit répugner. »

Rassurés par ces dispositions bienveillantes de Kertk, la plupart des colons, attachés déjà à ce sol arrosé depuis seize ans de leurs sueurs, se décidèrent à rester dans le pays et à continuer d’y cultiver leurs champs. Champlain les y encouragea lui-même, leur promettant que la France tâcherait de recouvrer la possession de ces lieux. Puis, « les jours lui semblant des mois » depuis la capitulation, il se hâta de repartir avec les siens sur un vaisseau que le capitaine anglais mit à sa disposition.

À la hauteur de l’île d’Orléans, ce vaisseau que commandait Thomas Kertk, rencontra un navire français, sous les ordres d’Émery De Caën, neveu de Guillaume, qui venait à Québec pour y chercher les pelleteries appartenant à l’ancienne compagnie et qui apportait en même temps des approvisionnements à la colonie. Après un combat opiniâtre, mais trop disproportionné, Émery De Caën dut se rendre à Thomas Kertk, qui promit de le bien traiter lui et ses hommes.

Antérieurement à cette rencontre, Émery De Caën avait été séparé par une tempête, sur les bancs de Terre-Neuve, d’un vaisseau qui lui faisait escorte et que commandait un capitaine de Dieppe, nommé Daniel. Le contre-temps de cette séparation, qui fut sans doute pour quelque chose dans la reddition du vaisseau d’Émery De Caën, eut d’autre part, comme on va le voir, et par compensation, de très heureuses conséquences. Pendant qu’il cinglait dans les parages du cap Breton, en cherchant à rallier son compagnon, Daniel apprit en route d’un capitaine de Bordeaux, que