Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/79

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Jacques Stuart « milord écossois[1] » s’était établi, avec un certain nombre d’hommes, dans l’île du Cap Breton, prétendant que cette île appartenait à la Grande-Bretagne, et qu’il avait construit un fort sous le pavillon britannique au port des Baleines. À cette nouvelle, le capitaine Daniel résolut de s’emparer sur-le-champ du fort de Stuart, et de remettre l’île sous l’autorité de la France. Il débarqua donc une partie de ses gens et à leur tête attaqua le fort, qui fut emporté d’assaut. Il fit prisonnier le lord écossais et ses hommes, substitua le drapeau de la France à l’étendard britannique, et laissa dans le fort, pour le garder, une quarantaine de ses compagnons. Il repartit ensuite avec ses navires pour porter secours à Québec ; mais la tempête repoussa ses bâtiments et priva la Nouvelle-France de ce secours, au moment où il lui eût été le plus nécessaire.

Tandis que les Anglais, maîtres de Québec et du Saint-Laurent, étaient ainsi chassés de l’île du Cap-Breton, que devenait l’Acadie ?

Nous avons vu que les frontières entre les possessions françaises et les possessions anglaises dans l’Amérique du Nord étaient fort mal assignées ; car, tandis que les Français réclamaient, comme le dit encore la charte de la Compagnie des cent associés, toutes les côtes, « depuis la Floride… jusqu’au cercle Arctique », comme partie intégrante de la Nouvelle-France, les Anglais n’étaient pas éloignés d’attribuer la même étendue aux côtes de la « Nouvelle-Angleterre ». En

  1. Mémoire de Champlain, à la fin de l’édition de 1632 de ses Voyages.