Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/89

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quoique leur situation à ce moment fût assez misérable, ils se consolèrent, dès lors, par la perspective d’un meilleur avenir. « Quand on est en un mauvais passage, écrivait à ce sujet le P. Lejeune, il s’en faut tirer comme on peut ; c’est beaucoup qu’un tel hôte (l’Anglais) soit sorti de notre maison et de tout le pays. »

L’année suivante, Champlain, qui avait employé ses loisirs en France en publiant une nouvelle édition de ses Voyages[1], partit de Dieppe, le 23 mars, emmenant trois vaisseaux armés de canons et portant ensemble deux cents personnes, tant matelots que colons, dont trois femmes, outre des marchandises, des armes et des provisions en abondance. La petite flotte mouilla devant Québec le 23 mai. Champlain, qui avait le titre de lieutenant-général dans toute l’étendue du fleuve Saint-Laurent, reçut le commandement des mains d’Émery De Caën. Les sauvages, Hurons et Montagnais, l’accueillirent avec presque autant de joie que les Français. Il leur plaisait non seulement par son courage, mais encore par sa gaîté et sa bonne humeur. Pour assurer le succès de la traite et empêcher qu’elle ne se maintînt aux mains des Anglais, Champlain établit un petit fortin dans un îlot, auquel on donna le nom de Richelieu, en haut du rapide qui porte le même nom encore aujourd’hui ; il fit également fortifier le poste des Trois-Rivières, qui devait donner naissance à une ville assez importante[2].

  1. Édition de 1632. C’est celle que nous avons eue sous les yeux.
  2. « Les François ont nommé ce lieu les Trois-Rivières pour ce qu’il sort des terres un assez beau fleuve, qui se vient dégorger dans