Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1781, tome 1.djvu/234

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Il faut administrer très-promptement le traitement de l’inflammation, (voyez ce mot) les saignées du bras pour détourner le sang de la partie malade, les lavemens d’eau tiède, les injections adoucissantes, les embrocations émollientes, les boissons humectantes, faites avec la décoction d’orge ; le petit lait clarifié, enfin le lait d’amandes.

3º. Les suppressions.

Cette maladie, comme la précédente, vient de l’abus dans le régime trop chaud, & quelquefois aussi par l’abus du froid ; car il semble que les extrêmes soient les deux limites qui bornent la carrière de l’homme dans toutes ses démarches, quelquefois aussi par un chagrin violent & subit, ou par une joie vive & inattendue ; enfin, par la maladresse de la sage-femme, qui aura blessé la matrice dans l’accouchement.

Dans cette maladie, le traitement est le même que dans la précédente ; car cette maladie n’est que le commencement de l’inflammation de la matrice ; les saignées du pied sont ici plus nécessaires : il faut cependant ne les employer qu’après les bains de pieds. Si on fait usage des remèdes chauds, dans la fausse persuasion de faire reparoître les lochies, on redouble le danger de cette position, & on se prive de tout espoir de guérison.

4º. Les ravages du lait.

Si la fièvre de lait est trop forte, on fait observer la diette, afin de diminuer la quantité des sucs nourriciers, & parer à tous les accidens ; on fait prendre quelques lavemens simples avec de l’eau & du son, & on fait boire une décoction légère d’orge.

Les femmes qui ont fait quelques imprudences dans le régime, ou bien celles qui, naturellement délicates, ont été forcées de travailler trop tôt, sont sujettes à des dépôts laiteux, suites nécessaires de la suppression des évacuations & de la transpiration : ces dépôts sont d’autant plus graves, qu’ils siègent dans des parties plus intéressantes pour la vie.

Le transport de l’humeur laiteuse dans la tête, forme l’apoplexie de ce nom : elle exige des saignées du pied, des lavemens irritans, & des vésicatoires, pour rappeler ce fluide dans les parties où il doit circuler ; il en est de même des autres parties où il se porte : il faut employer les saignées & les délayans ; & quand l’orage s’appaise un peu, on expulse le surplus par des purgatifs : c’est encore ici le traitement rapproché de l’inflammation.

Si le lait se porte à l’extérieur, aux extrémités, par exemple, comme aux mains, aux pieds & aux cuisses, le traitement varie suivant le degré du mal ; si on l’a négligé, & que le pus soit formé, ce qui arrive le plus communément, comme nous l’avons observé plus d’une fois, parce qu’on n’a pas fait le traitement de l’inflammation dans le commencement ; si donc le pus existe, il faut sans tarder ouvrir cet abcès, & faire le traitement de l’abcès. (Voyez ce mot) Dans le principe de ces dépôts extérieurs, il faut conseiller à la malade, après le traitement de l’inflammation, de faire usage, tous les deux jours, d’une chopine de