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ANTIPLEURÉTIQUE. (Voyez Pleurésie)


ANTISCORBUTIQUE. (Voyez Scorbut)


ANTISEPTIQUES, Médecine rurale. On donne le nom d’antiseptiques aux alimens & aux médicamens qui préviennent la putréfaction ou pourriture du corps vivant, & qui s’opposent à ses progrès.

Or, pour comprendre quelle est la manière d’agir de ces médicamens, & pour connoître les circonstances dans lesquelles il est nécessaire de les employer, il est important que nous fassions connoître la putréfaction, les causes qui la produisent, & les effets qui l’accompagnent.

Nous donnerons à cet article une extension plus considérable, parce que les maladies de putréfaction sont très-multipliées parmi les gens de la campagne, & que les préjugés, ces dangereux enfans de l’ignorance, font commettre bien des abus dont les suites sont toujours funestes. Nous avons suivi notre propre expérience & les meilleurs ouvrages écrits sur cette importante matière, à la tête desquels nous plaçons une dissertation de M. de Boissieux sur les antiseptiques, couronnée par l’académie de Dijon en 1767. Nous nous faisons un devoir de rendre à cet estimable médecin le tribut d’hommage qui lui appartient ; & comme l’intérêt de l’humanité anime nos travaux, nous sommes charmés de l’avoir pour coopérateur dans cette intéressante portion de notre Ouvrage.

Tous les corps de la nature changent leur manière d’être ; ils prennent des formes différentes, mais ne sont jamais anéantis. Or, ce changement d’une forme à une autre se fait par la putréfaction ; elle n’est pas la même dans les trois règnes ; cependant le règne animal & le règne végétal se décomposent par les loix inconnues de la putréfaction ou pourriture ; les minéraux se décomposent aussi. Cette vérité est constante, & elle a fourni à Pithagore son systême ingénieux de la métempsicose.

La putréfaction ou pourriture, est un mouvement particulier qui s’excite dans le corps vivant, & dans le corps privé de la vie, forme de nouveaux principes, les dissipe, & détruit par degré le corps, en le réduisant à ses principes, l’eau, l’air, la terre & le feu.

Pour fixer davantage les idées, examinons les phénomènes de la putréfaction dans les substances animales privées de la vie.

Un morceau de viande qui se gâte, présente d’abord une odeur de relent, fournit un peu d’air ; s’il se corrompt dans un vaisseau fermé, il devient mol ; mais si c’est à l’air libre, sa surface se dessèche.

Quand la putréfaction commence, la viande a une odeur aigre, elle perd de son poids, elle exhale une odeur désagréable, elle pâlit & s’amollit. Quand elle est dans un vase fermé, elle laisse échapper une sérosité rougeâtre ; mais exposée à l’air libre, elle se dessèche de plus en plus, & prend une couleur d’un rouge foncé, brun & noirâtre.

Si la putréfaction avance, la viande fournit une odeur due à la formation d’une substance connue