Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/191

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L’appétit de l’animal diminue en raison de la perte de salive, la maigreur augmente chaque jour sensiblement, les forces des muscles perdent de leur action, la maladie devient grave & conduit à l’épuisement, si elle dure trop long-tems. (Voyez Salivation)


BAUME. Plante (Voyez Menthe)


Baume, Pharmacie. On en connoît de deux espèces : les naturels & les composés.

Les baumes naturels sont des matières huileuses, aromatiques, d’une consistance liquide & un peu épaisse, qui découlent d’elles-mêmes de certains arbres, ou par des incisions qu’on y fait, à dessein d’en obtenir une plus grande quantité. Les principaux sont le baume blanc, ou de la Mecque ; le baume d’ambre liquide, le baume du Pérou, de tolu, de copahu, le stirax liquide, les térébenthines, &c. Comme on les trouve en substance dans toutes les boutiques des apothicaires, il est inutile d’en tracer ici l’historique ; d’ailleurs, les propriétés dont ils jouissent seront décrites sous leur mot propre.

Les baumes composés sont bien plus multipliés ; ils servent le plus souvent à l’empirisme & à la charlatannerie. Tout baume qui a pour base l’huile, la graisse, le beurre & le saindoux, & dans lequel ces substances ne souffrent aucune combinaison qui change leur manière d’être, sont plus nuisibles qu’utiles. Par combinaison, je n’entends pas un simple mélange ; par exemple, du bois de santal réduit en poudre, avec l’huile, le beurre, &c. L’union de ces deux substances ne forme point de nouvelle combinaison dans leurs principes, & ne réduit pas l’huile en corps savonneux.

L’expérience a démontré que tout corps gras appliqué sur la peau, en bouche les pores, & arrête la transpiration ; que la chaleur naturelle de la partie sur laquelle on les applique, suffit pour les faire rancir & leur donner un caractère de causticité ; que tout corps gras devenu rance, devient épipastique, c’est à-dire qu’il cause l’inflammation, excorie la peau, & attaque les chairs. On voit par-là combien il est dangereux d’appliquer de pareils baumes, ou sur des plaies récentes, puisqu’ils y produiront une inflammation, ou sur des plaies déjà accompagnées d’inflammation, puisqu’ils l’augmenteront encore. On ne doit donc pas être surpris, si des plaies traînent long-tems avant de se cicatriser ; de pareils baumes s’opposent aux efforts de la nature, les contrarient, impatientent le malade, & nuisent à la réputation de celui qui les administre, puisqu’on va jusqu’à dire qu’il retarde la guérison pour gagner davantage. Ce n’est pas toujours mauvaise volonté, souvent c’est ignorance. À l’article Onguent, les principes qui viennent d’être indiqués seront mis dans tout leur jour. Nous nous permettrons seulement une simple réflexion. La composition des baumes varie suivant les différentes pharmacopées. Celui qui, dans la pharmacopée de Paris, est composé de dix drogues, l’est de quatre seulement dans celle de Londres ; de vingt dans celle de Nuremberg, &c. Combien de pareils exemples ne