Page:Rozier - Cours d’agriculture, 1782, tome 2.djvu/262

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dations de toutes les maisons qui couvrent actuellement le Brotaux, vis-à-vis de Lyon, ont été faites. Dix ouvriers font plus d’ouvrage dans un jour, que quarante qui maçonneroient ces fondations. Il est vrai qu’il faut donner le tems au béton de le cristalliser ; mais à la campagne, où l’on n’est pas si pressé de bâtir qu’à la ville, & où les loyers ne sont pas si lucratifs, cet espace de tems facilite les moyens d’apporter & de rassembler les autres matériaux à peu de frais, parce que l’on profite, pour les charier, des jours pendant lesquels les animaux ne peuvent entrer dans les champs ; d’ailleurs, il y a moins de dépense à faire tout à la fois, & c’est un grand point pour le cultivateur.

On a vu que les parois des tranchées ont servi de moule ; ainsi, dans la supposition qu’on ait voulu faire plusieurs pièces souterraines, & communiquant les unes avec les autres, il aura suffi de laisser le noyau de terre qui doit former l’ouverture de la porte d’une pièce à une autre ; de sorte qu’on peut dire qu’on jette au moule toute la partie inférieure d’un bâtiment. Consultez les mots Cave, Citerne, Cuve ; ils offrent tous les détails à cet égard.

Le point essentiel pour faire un bon béton, est qu’il soit encore chaud dans le moment qu’on le jette dans la tranchée.

Le second avantage du béton, est pour la maçonnerie aquatique. Faut-il élever un quai, empêcher qu’un ruisseau n’emporte le terrain, ne creuse sous les fondemens, le béton fournit le moyen le moins dispendieux & le plus sûr. Lorsque les pilotis sont enfoncés, on coule sur le devant & contr’eux, des revêtemens formés de vieilles planches, qui servent d’encaissement pour la partie extérieure. Si le courant est rapide & profond, on plante en avant quelques pilotis, & qu’on enfonce peu. Ces premiers pilotis retiennent les planches d’encaissement, comme le feroit une coulisse. Tout étant ainsi disposé, on se hâte de remplir l’intervalle en béton, jusqu’à la hauteur, que l’on desire. Il prend aussitôt de la consistance ; & quelques années après, il faut faire jouer la mine pour le détruire. J’en ai vu l’expérience. Ce que j’ai dit des quais s’applique à toutes les maçonneries qu’on oppose à l’eau. Si l’encaissement devient trop dispendieux, on peut y suppléer en employant les mauvaises toiles fabriquées avec de la filasse. On en fait des sacs grossiers ; & dès qu’ils sont remplis de béton, ils sont aussitôt précipités au fond de l’eau. C’est ainsi que les fondations du quai de Villeroy de Lyon ont été faites. Le courant de la rivière étoit si rapide, & la masse d’eau si considérable, que toute la chaux étoit délayée & entraînée ; de sorte que le gravier seul arrivoit au fond.


BETTE. (Voyez Poirée)


BETTE-RAVE. M. Tournefort la place dans la première section de la quinzième classe, qui comprend les herbes à fleur à étamines, dont la partie inférieure du calice devient le fruit ; & il l’appelle beta rubra vulgaris. M. le chevalier von